J’ai cherché ce guide avant de l’écrire. Il existe des articles sur les modèles, des démonstrations impressionnantes, des textes réglementaires précis sur les interdits. Il manquait le milieu : comment passer d’une intention à un agent en production, avec des preuves à chaque étape. Alors je l’ai écrit, en deux volumes, à partir des sources d’autorité et de mon expérience de la transformation numérique.
Lancer un agent en banque soulève des questions très concrètes, et aucun document ne les traitait ensemble. Qui signe l’autorisation de démarrer, et sur quelle pièce ? Jusqu’où laisser l’agent agir sans validation humaine, et comment un contrôleur le vérifie-t-il ? Combien coûte le dispositif une fois comptés la supervision, les reprises et la gouvernance ? Et surtout : que montrer au comité pour que le pilote ne se prolonge pas indéfiniment ?
Sans réponses écrites, le scénario est connu et il se répète : une démonstration convaincante, un comité qui demande des garanties, un pilote qui se prolonge, un sponsor qui s’use. Ce guide est fait pour éviter ce chemin. C’est un guide de lancement, et par endroits un guide de survie : il dit ce qui bloque, où, et quelle pièce débloque.
Règle de méthode, source d’autorité ou hypothèse à calibrer : chaque affirmation porte son statut, et le lecteur sait toujours ce qu’il peut opposer.
AI Act, ACPR, CNIL, DORA, NIST, ISO 42001, et les études à comité de lecture pour les gains mesurés. Les 222 références du corpus sont publiées ici, chacune avec son statut de preuve.
Des années de transformation numérique et d’intelligence artificielle au service d’une seule question : que faut-il produire, semaine après semaine, pour qu’un comité vote.
Le gain existe, il est publié : +15 % de problèmes résolus par heure, mesurés sur 5 172 conseillers clientèle. (Quarterly Journal of Economics, avril 2025.) Ce qui manque aux établissements, c’est le chemin de preuves qui transforme ce potentiel en dossier défendable. C’est l’objet de ce guide.
Le guide raconte le même projet à deux altitudes. Le volume stratégique s’adresse à celui qui engage le budget et défend le dossier ; le playbook s’adresse à ceux qui produisent les preuves, semaine après semaine. Ils se lisent séparément et se répondent.
Vous engagez le budget et vous défendez le dossier. Cette étude répond aux neuf décisions qui précèdent toute ligne de code : quel parcours choisir et sur quels critères, jusqu’où laisser l’agent agir seul, combien cela coûte une fois tout compté, ce que le comité des risques attend comme pièces, et pourquoi le premier agent se juge à l’échelle du portefeuille.
Le mandat est signé, et lundi matin commence. Ce playbook déroule les treize semaines : ce que l’équipe produit chaque semaine, qui le signe, ce que chaque point de décision exige comme pièces. Avec un cas rempli de bout en bout, la vérification du dossier d’un nouveau client, et six modèles à copier tels quels dans vos outils.
Program manager ou PMO ? Commencez par l’étude, dont l’annexe portefeuille chiffre l’effet du deuxième au sixième agent, puis déployez le playbook comme standard d’exécution commun à tous les parcours.
Chaque nombre des deux études porte sa source et son statut : mesuré, déclaré, ou hypothèse de l’auteur. Le modèle de coût est publié avec ses formules, et il se recalcule avec vos propres valeurs en changeant six paramètres.
| La question que vous vous posez | La réponse documentée | Où |
|---|---|---|
| Combien coûte réellement un agent ? | 15,20 € par dossier la première année, dont 12 € de charge humaine et organisationnelle | Étude, modèle de coût |
| À partir de quand est-ce rentable ? | Le premier agent devient rentable dès qu’il traite un quart des dossiers de bout en bout ; le sixième, un dossier sur huit, la plateforme étant déjà amortie | Étude, seuils |
| Où placer l’agent pour qu’il rapporte ? | Le gain se rattache à la tâche : +17 % en lecture documentaire, −12 % en analyse de données, même outil | Étude, sélection |
| Jusqu’où le laisser agir seul ? | Cinq paliers d’autonomie, fixés action par action et codés dans les droits d’accès | Playbook, autonomie |
| Que montrer au comité des risques ? | Un dossier de preuves par point de décision, du mandat signé au compte rendu final | Playbook, points G0 à G5 |
| Comment savoir si cela a marché ? | Trois niveaux de preuve : la qualité du travail, la fluidité du parcours client, le retour sur investissement ; seul le troisième autorise l’extension | Les deux, échelle de preuve |
Les deux études exécutent le cadre Acadewie SCALE-6, celui de l’étude GenAI for Leaders : sélectionner, concentrer, accompagner, lier, évaluer. L’étude dit ce que chaque levier commande, le playbook dit à quelle semaine il se joue.
Mounir Fassouane conseille les directions produit sur l’intelligence artificielle et publie les études Acadewie, dont GenAI for Leaders. Ces deux documents sont nés d’un constat de terrain : les équipes ne manquent ni de technologie, ni d’ambition, elles manquent du chemin de preuves qui fait voter un comité. Tout y est donc orienté vers ce vote : chaque chiffre porte son statut, chaque semaine produit une pièce, chaque décision a un propriétaire.
Les deux études sont gratuites, sans inscription, et faites pour circuler en interne. Si elles déclenchent la discussion chez vous, écrivez-moi sur LinkedIn : je cadre ce type de lancement.
Une question avant de plonger ? Mounir Fassouane, sur LinkedIn.